Force Noire rattrape son retard
Le défi n°1 était de parler du désert.
Hum.
Je crois que c'est bon, là, non?
Je veux dire, je VIENS d'en parler, non?
Ca ne compte pas, vous dîtes?
Vous êtes surs?
Ah.
Bon.
Ok.
Je réfléchis.
Ah, je sais! ^^
Le vendredi, j'ouvre mon frigo.
Je regarde son contenu...
C'est le désert!
Vivement samedi pour aller faire les courses!
(pars se cacher)
Quoi?
Je l'ai fait, nan?
Bon, allez, ralez pas, on dirait ma mère ^^
Je poursuis:
Le défi n°2 apparemment - parce que j'ai pas tout saisi, 'scusez moi - c'est de rédiger un discours.
Oh! Ca alors!
Je viens AUSSI de le faire ^^
Comme c'est chou, ne trouvez-vous pas?
Hein?
Comment?
Vous disez?
C'est à quel sujet?
Triché? TRI-CHE?
MOAAA?
Du tout.
Bon, ok.
Un discours.
(cherche à faire diversion)
Emma, tu as marqué le prénom des forces à côté de leur couleur dans les rubriques!
EH bien, figure toi que j'avais ça pour mes mon prénom mais que j'ai pas osé modifier les autres.
Si j'avais su, j'aurai laissé, tiens!
Je vais même rajouter les z'autres!
Voilà (na!)
(raclement de gorge)
(croque un sucre pour se donner de la voix - astuce de Céline Dion avant ses concerts)
"Une histoire n'a pas de début ni de fin, elle a une continuité. C'est une suite d'évènements qui construisent et batissent la noblesse de la vie. Je me souviens d'une histoire qui a changé le cours de mon existence. Vous allez en rire, parce que cet évènement n'a rien en soi, de palpitant. Il ne contient juste qu'un bourgeon de fleur qui deviendra plus tard, le centre rayonannt de ma vie.
J'ai rencontré Mathilde en classe de seconde.
Rencontré est un bien grand mot, je n'avais fait que la remarquer de loin. Elle, bien sur, n'avait même pas conscience de mon existence. Tout nous séparait. Mystérieuse, asociale, elle parlait peu et seulement à ceux qu'elle connaissait. Entrer dans son cercle d'amis m'obligea à envisager des stratagèmes poussés. Difficiles de devenir amis avec des cyniques notoires, moi qui croquait la vie à pleines dents et m'extasiait que par trop sur la beauté des choses! Trés vite, je passais pour un être béat et naïf qu'il vallait mieux éviter de fréquenter.
Pourtant, j'ai réussi, un jour, à la saluer dans un groupe d'amis. Sans qu'elle daigne me rendre mon salut, ni même poser les yeux sur moi. J'étais invisible, transparente.
Fascinée, malgré tout, je remarquais incidieusement qu'elle ne fréquentait qu'une seule fille assidûement. L'autre, brune, imbue d'elle-même, s'habillait de jeans et de bottes de cuir noire et portait sur son visage l'expression glacée des humains blasés par la vie, qui ont tout vu tout fait. Le même type d'individus que j'honnis totalement. A 16 ans, que sait-on de la vie?
Cette demoiselle, capricieuse au demeurant, criait souvent contre l'icône glacée que j'adorais. Toutes 2 se disputaient, l'une en hurlements et gestes osbcènes, l'autre en silence méprisant et fuites automatiques.
Je guettais l'instant ou, exaspérée, Mathilde allait planter là son binôme odieux. Je me préparais mentalement, en notant à chaque fois suffisamment de détails pour enrichir ma connaissance d'elle.
Je savais quels sujets la fachaient et étaient donc, à éviter. Je savais la muisque qu'elle aimait. J'étais bien renseignée par mon réseau de relations.
Un jour, je décidais de passer à l'action, de l'aborder et enfin, de m'imposer à elle. La forcer à me regarder. Je me disais que lorsqu'enfin, elle daignerait poser les yeux sur moi, elle tomberait instantanément sous mon charme.
(rire doux)
Il n'en fût rien, évidemment. On en dompte pas une nature aussi belle et rebelle avec un regard et un salut. Je me rappelle l'avoir suivie dans les toilettes se rafraichir et m'être mise face à elle. D'une main, elle me repoussa et sortie, sans un regard. J'étais brisée, déçue et humiliée.
Mais je ne l'ai pas oublié.
4 ans sont passés avant que nous soyons de nouveau mise en présence l'une de l'autre. J'avais grandi, muri et mon bégain pour cette fille était passé, bien qu'encore présent dans ma mémoire. Je regardais, curieuse cette ingénue qui m'avait inspirée tant de passion. Je comparais la jeune fille, fermée et mystérieuse à la jeune femme devant moi. C'était bien elle. Polissée, certes, mais toujours glacée, détachée du monde, comme si elle lui faisait une faveur d'accepter de fouler le sol. Détonant, vraiment.
Néanmoins, je me suis détournée, et je suis repartie vers mon compagnon du moment.
Ce que je ne savais pas, c'est que cette rencontre allait révoluer ma vie à jamais. Cette rencontre, en effet, avait enfin déclenché en elle, l'impact que j'avais appeler de tous mes voeux, à 16 ans.
Mathilde, enfin libérée de ses démons, ressentit pour moi un coup de foudre tel que je ne pus l'ignorer plus longtemps.
(regarde l'assemblée)
(laisse planer un silence)
Vous vous demandez pourquoi je vous raconte cela maintenant?
Parce qu'il n'a jamais été plus vrai que ces instants les plus insignifiants de la vie qui deviennent les plus cruciaux pour l'avenir.
La preuve : nous sommes rassemblés ici pour fêter dignement le mariage de notre fille. Qui aurait pensé, à l'époque, que 2 jeunes filles que tout opposent, fonderaient un jour une famille ensemble? Que naitrait de notre amour et de notre union, une fleur aussi belle qu'épanouie, aussi lumineuse que le soleil?
Voilà 30 ans que Mathilde et moi continuons chaque jour d'écrire cette histoire, petit à petit enrichie par nos plus belles réussites : nos enfants.
Si tu savais, mon adorée, comme nous sommes fières ta mère et moi, aujourd'hui, de te voir, heureuse et comblée. A ton tour, tu écris les pages de ta vie à 2, les plus merveilleuses que tu auras à vivre.
(lève son verre à la mariée)"
J'ai fait long mais j'ai bien fait, non?
^^
Par papotoire, Vendredi 11 Janvier 2008 à 16:42 GMT+2 dans Force Noire - Carole Audrey Victoria (article, RSS)

:)





